La lutte des classes doit être menée sur plusieurs plans. Il y a la lutte syndicale et « économique » pour de meilleurs salaires et conditions de travail. Il y a la lutte politique, la lutte électorale, ou encore la lutte pour la défense et l’extension des droits démocratiques. Parmi les aspects les plus importants de cette lutte, il y a le combat pour la régularisation des sans-papiers et le droit de vote des étrangers, combat dans lequel le PCF est fortement impliqué. Il y a la lutte pour construire et renforcer les syndicats, le parti, etc. Toutes ces formes de lutte sont indispensables et très importantes. Mais il y a aussi une autre facette de la lutte des classes qui est d’une importance absolument décisive. Il s’agit de la lutte idéologique, la lutte pour les idées, pour la théorie. Nous négligerions cette lutte à notre péril. Et la vérité, c’est qu’elle a été gravement négligée, voire presque complètement abandonnée, dans le parti, et ce depuis de nombreuses années.
Cette carence a considérablement affaibli le parti dans sa lutte contre les idées bourgeoises et réformistes. En conséquence, le parti lui-même est devenu perméable à toutes sortes d’idées réformistes, petites-bourgeoises et farfelues, dont un certain nombre ont trouvé une place d’honneur dans son programme.
Que pense la direction du PCF de la révolution russe ? Quelle est son appréciation de l’évolution de la Chine ? Est-elle d’accord avec la théorie marxiste de l’Etat, le matérialisme dialectique, la théorie économique de Marx ? Quelles sont, de son point de vue, les perspectives pour Cuba ou la révolution vénézuélienne ? Comment explique-t-elle la dégénérescence bureaucratique de l’URSS et son effondrement ultérieur ? La direction nationale du parti n’apporte aucune réponse à ces questions – ni à des dizaines d’autres du même ordre. Et on peut difficilement éviter l’impression qu’elle ne se les pose même pas.
Prenons, à titre d’exemple, la question de la dégénérescence bureaucratique de l’URSS et de son effondrement. Cette expérience historique colossale, qui a marqué l’histoire de son empreinte pendant plusieurs générations, a besoin d’être sérieusement analysée et expliquée. Souvent, nous lisons dans des textes de la direction que le parti a « critiqué » les régimes qui existaient en URSS et en Europe de l’Est, et qu’il a depuis longtemps « affirmé son indépendance politique et intellectuelle » vis-à-vis de ces régimes. Mais ceci n’épuise pas la question. Les dirigeants du parti ont beau « tourner la page » et oublier le stalinisme, cette question ne cesse pas pour autant d’être un facteur déterminant dans la conscience politique des travailleurs et des jeunes. Aujourd’hui encore, les crimes du stalinisme constituent l’un des arguments les plus puissants contre le communisme. Les capitalistes et leurs idéologues exploitent à fond ces crimes pour discréditer le communisme et le PCF.
La révolution russe elle-même, cette magnifique lutte contre l’oppression et la guerre, est extrêmement riche en enseignements. Mais l’étude des causes profondes de l’instauration progressive d’un régime totalitaire nous apprend également beaucoup. Compte tenu de l’isolement de la révolution dans un pays extrêmement arriéré, ravagé par la guerre civile et par l’intervention militaire de plus d’une vingtaine de puissances étrangères, les révolutionnaires de 1917 n’ont pas pu empêcher le triomphe de la bureaucratie. Lénine n’imaginait pas un seul instant pouvoir résoudre les problèmes auxquels la révolution était confrontée sans son extension rapide à travers le continent européen. Des centaines de milliers de communistes, dévoués corps et âme à la cause de la classe ouvrière, ont tenté de résister à la bureaucratisation du régime et l’ont payé de leur vie. Mais tant que le parti n’aura pas expliqué cette dégénérescence d’un point de vue marxiste, on ne convaincra jamais la jeunesse que le communisme ne porte pas en lui le germe du totalitarisme.
Longtemps, l’étude de la théorie, l’élaboration de perspectives et les questions de programme ont occupé une place centrale dans la vie du parti. Cette tradition a été largement perdue. Les choses sont allées si loin que pour beaucoup de camarades, à tous les niveaux de l’organisation, la théorie est considérée comme un « luxe » auquel on peut se consacrer, à la limite, quand on n’a rien d’autre à faire. Cette attitude s’explique en partie par l’utilisation abusive, dans le passé, d’arguments « théoriques » destinés à justifier les zigzags et les aberrations de la politique de la direction nationale ou des dirigeants des partis « frères », au pouvoir en URSS et en Europe de l’Est. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, le redressement du PCF passe nécessairement par un retour aux idées fondamentales du marxisme, dans toute leur richesse. Le marxisme n’est pas la doctrine stérile et figée que décrivent ceux qui veulent le discréditer. Tous les communistes devraient s’intéresser aux questions de théorie, devraient s’efforcer de comprendre le marxisme, à commencer par les « classiques » de Marx et Engels. Des rencontres et des formations devraient être organisées pour renforcer les connaissances acquises et échanger des points de vue. Sans une attitude sérieuse envers des questions de théorie, il ne sera pas possible d’assurer le réarmement politique des communistes et de développer le parti authentiquement révolutionnaire dont nous avons besoin. Il ne s’agit pas d’un exercice académique. Il n’y a pas d’action révolutionnaire sans théorie révolutionnaire. La théorie est un guide pour l’action.
Réforme ou révolution
Marie-George Buffet avait raison de dire, au lendemain de la défaite de 2002, que le PCF avait reculé parce qu’il était allé « de compromis en compromis, de renoncement en renoncement ». Nul ne peut sérieusement douter que la participation du PCF au dernier gouvernement de gauche et la soumission de sa direction à la politique pro-capitaliste de Jospin, y compris les privatisations et les interventions militaires aux côtés de l’impérialisme américain (Serbie, Afghanistan), ont porté gravement préjudice à sa crédibilité auprès de ses sympathisants et électeurs, tout en semant la désorientation et la démoralisation dans ses propres rangs. Mais cette politique de compromis et de renoncement n’a pas été abandonnée depuis, bien au contraire.
Contrairement à un préjugé largement répandu, le marxisme n’oppose pas la lutte pour des réformes à la révolution. Sans la lutte quotidienne pour défendre nos acquis et en conquérir de nouveaux, le socialisme serait impossible. Pour Marx, Engels et Lénine, la participation à la lutte pour des réformes, pour arracher des concessions à l’adversaire capitaliste, était non seulement autorisée, mais considérée comme un devoir absolu. Cependant, ils considéraient les acquis et les sauvegardes arrachés de cette façon comme autant de « sous-produits », pour reprendre leur expression, de la lutte révolutionnaire pour la conquête du pouvoir. La caricature stupide selon laquelle les révolutionnaires, à la différence des réformistes « pragmatiques », ne s’intéresseraient pas aux questions immédiates et se contenteraient d’attendre, les bras croisés, l’avènement du « grand soir », n’a rien à voir avec le marxisme.
Ce n’est pas le lieu, ici, de présenter un programme complet et détaillé de revendications correspondant aux nombreux fronts sur lesquels nous devons nous battre au quotidien. Mais quelques-unes de ces revendications seraient, par exemple :
a) La défense du pouvoir d’achat, notamment par l’indexation des salaires et des retraites sur l’évolution des prix. Cette évolution doit être évaluée par les syndicats et les organisations de consommateurs. Relèvement du SMIC (1500 euros nets) et des minima sociaux. Aucun salaire inférieur au SMIC ne doit être autorisé. Les minima sociaux doivent être garantis à toutes les personnes sans ressources, sans exception.
b) La défense de l’emploi. Les 35 heures doivent être maintenues et étendues, les heures supplémentaires strictement limitées. Opposition à la réduction des effectifs dans les administrations et les services publics, dans l’Education nationale, les hôpitaux, etc. Lancement d’un vaste programme de travaux publics pour répondre aux besoins en matière d’infrastructures sociales et de logements. Opposition à tous les projets de fermeture ou de suppressions d’emploi dans le secteur privé, y compris par l’occupation des entreprises et la lutte pour leur nationalisation sous le contrôle et la gestion des travailleurs, sans indemnisation des capitalistes.
c) Les retraités doivent pouvoir vivre dignement. Retraite décente et garantie pour tous au plus tard à 60 ans, indépendamment du nombre d’annuités. Aucune retraite ne doit être inférieure au SMIC.
d) La santé publique ne doit pas être une source de profit, ni un terrain où se développe la concurrence. L’industrie pharmaceutique, ainsi que les fournisseurs d’équipements médicaux, les cliniques, les hôpitaux, etc., doivent être nationalisés et intégrés au service public de santé. Les soins doivent être pris en charge à 100%.
e) Pour une éducation publique, gratuite et de qualité. Opposition à la réduction des effectifs, aux restrictions budgétaires et à toutes les mesures qui vont dans le sens d’une privatisation des universités.
f) Un logement pour tous. Extension massive du parc de logements sociaux, par la construction, mais aussi par l’expropriation de logements locatifs dans le secteur privé, notamment par la nationalisation des grandes entreprises du bâtiment et les sociétés financières qui organisent la spéculation immobilière. Gel de tous les loyers. Opposition aux expulsions. Aucune famille ne doit se trouver dans la rue, faute d’argent.
g) Opposition à toutes les formes de discrimination raciale. Régularisation des sans-papiers. Fermeture des centres de rétention. Mettre fin au harcèlement policier et administratif des « étrangers ». A tous les scrutins nationaux et locaux, droit de vote de tous les étrangers séjournant et domiciliés sur le territoire national depuis 1 an.
Si le PCF n’avait pas un programme de revendications « immédiates » de ce type, et s’il n’expliquait pas son point de vue sur toutes les questions de société qui touchent de près ou de loin aux conditions de vie des gens, il se condamnerait évidemment à l’impuissance. Les communistes sont en première ligne de tous les combats pour loger des dizaines de milliers de « sans domicile fixe » qui dorment sous des tentes, dans des abris de fortune ou sur le pavé. Les communistes luttent pour la défense des acquis et l’amélioration des conditions de vie des salariés, de la jeunesse, des chômeurs et des retraités. Ils luttent au quotidien contre les discriminations raciales. Ils savent que les travailleurs « immigrés » servent de boucs émissaires pour tous les maux engendrés par le système capitaliste. Personne ne suggère de rester les bras croisés, en se limitant à l’affirmation de la nécessité du socialisme. Par contre, il faut toujours affirmer et expliquer cette nécessité, en la mettant en rapport avec les luttes immédiates et « concrètes ». Le programme général du parti a une fonction éducative, pédagogique. Il doit viser à inculquer aux travailleurs l’idée qu’ils peuvent et qu’ils doivent devenir les maîtres de la société, de l’économie et de l’Etat.
Il faut distinguer entre le réformisme et la lutte pour défendre et améliorer les conditions de vie des travailleurs. Ce sont deux choses différentes. Les communistes doivent bien évidemment participer à toutes les luttes qui s’engagent contre les inégalités et contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Mais, à la différence des réformistes, ils ne doivent pas se limiter à de simples réformes et perdre de vue leur objectif principal : le renversement du capitalisme.
Notre parti a la responsabilité non seulement de lutter contre la propagande trompeuse et mensongère de la droite et des médias capitalistes, mais aussi d’expliquer aux travailleurs l’impuissance du réformisme à notre époque, pour leur faire prendre conscience de la nécessité impérieuse de mettre fin à la domination de la classe capitaliste. D’un point de vue communiste, on ne peut pas accepter l’argument selon lequel « les conditions n’étant pas réunies » ou « le rapport de forces n’étant pas favorable », il ne faut pas parler de socialisme et de révolution. « Il faut procéder par étapes », dit-on. C’est vrai. Une révolution ne se commande pas. Mais compte tenu des perspectives économiques et sociales que nous avons décrites plus haut, il faut tout de même s’y préparer. Dans la lutte pour préparer le renversement du capitalisme, la première « étape » consiste à convaincre les travailleurs et les jeunes – à commencer par la couche la plus militante et politiquement consciente – de la nécessité d’une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste.
Concrètement, on ne pourra briser l’emprise des capitalistes sur l’économie que par la nationalisation (ou « socialisation ») de l’industrie, des services et de la grande distribution, ainsi que de toutes les banques, des compagnies d’assurances et des organismes de crédit. Les travailleurs devront contrôler démocratiquement les entreprises nationalisées. Cet objectif doit occuper une place centrale dans la propagande des communistes. Il doit être patiemment expliqué à l’ensemble des travailleurs, non pas sèchement et abstraitement, mais en rapport direct avec leurs préoccupations et luttes immédiates. De manière générale, le PCF devrait connecter l’ensemble de ses revendications et mots d’ordre à cet objectif stratégique global. Même les luttes défensives doivent être liées à l’objectif du socialisme. Face à la démolition systématique de toutes les conquêtes sociales du passé, la lutte pour la défense des acquis et pour de nouvelles concessions est inextricablement liée à la nécessité de renverser l’ordre capitaliste.
L’expropriation des capitalistes signifierait que les gigantesques ressources économiques du pays pourraient être orientées vers la satisfaction des besoins sociaux, au lieu de servir à l’enrichissement d’une petite minorité. Les nationalisations du passé, comme celles réalisées sous Mitterrand, ne concernaient qu’une fraction de l’économie (20%), laissant sa majeure partie entre les mains des capitalistes. Par ailleurs, les travailleurs n’avaient pas le contrôle des entreprises nationalisées, dont le fonctionnement et les objectifs ne se distinguaient en rien de ceux des entreprises du secteur privé. La corruption des dirigeants du Crédit Lyonnais et d’Elf-Aquitaine en est l’exemple le plus criant. Aujourd’hui encore, la Caisse des Dépôts a beau être une institution de l’Etat, elle est propriétaire d’un nombre important d’entreprises capitalistes, ce qui ne fait que souligner l’enchevêtrement complet des institutions de l’Etat et des intérêts de la classe dirigeante.
Le socialisme ne se réduit pas à la propriété d’Etat. C’est une forme de société dans laquelle toutes les grandes entreprises, l’ensemble du système bancaire et toute l’administration publique – c’est-à-dire la direction de l’Etat – sont soumis au contrôle démocratique des travailleurs, à tous les niveaux. C’est la seule façon d’instaurer une planification rationnelle et démocratique de l’économie nationale, au bénéfice de l’ensemble de la société.
Bien évidemment, un tel programme révolutionnaire ne sera pas immédiatement compris et accepté par tous les travailleurs et toute la jeunesse. Le salariat n’est pas politiquement homogène. Dans toutes les périodes historiques « normales », c’est-à-dire non-révolutionnaires, la grande majorité des jeunes et des travailleurs demeurent politiquement inertes et passifs. Mais l’« avant-garde », qui est composée des éléments les plus conscients et les plus actifs, tire plus rapidement des conclusions révolutionnaires de son expérience. Si un programme communiste est correctement expliqué, en s’appuyant sur l’expérience collective et pratique des travailleurs eux-mêmes, il obtiendra l’adhésion d’une fraction importante de la couche la plus consciente, la plus avancée et la plus militante des travailleurs et de la jeunesse. Et à travers elle, il prendra profondément racine dans l’ensemble de la classe ouvrière.
On voit ici l’importance cruciale des perspectives, sans lesquelles on risque de tomber dans une capitulation opportuniste aux « réalités » du présent – notamment à des fins électorales. On entend souvent que des idées vraiment communistes, qui affichent clairement des objectifs révolutionnaires, ne sont pas « pratiques ». Elles sont « abstraites », dit-on. Il y a une certaine vérité dans cette affirmation, puisque, par définition, un programme révolutionnaire ne peut être mis en œuvre que dans une situation révolutionnaire. Mais tout en luttant dans le présent, un parti communiste se doit de préparer l’avenir. Tôt ou tard, sous l’impact des événements et dans le contexte de confrontations majeures entre les classes, les couches du salariat jusqu’alors relativement inertes se trouveront, elles aussi, brusquement projetées dans la lutte.
Telle est l’essence d’une situation révolutionnaire. Une révolution se caractérise par l’entrée en action de la masse de la population. On le voit actuellement au Venezuela et en Bolivie. Dans les années à venir, l’extrême instabilité sociale qui caractérise l’ensemble de l’Amérique latine gagnera l’Europe. En France, nous l’avons dit, les capitalistes et leurs représentants au gouvernement imposent la régression sociale permanente. Dans leur tentative de rétablir un équilibre économique, ils aboutiront à la destruction de l’équilibre social et politique sur lequel repose la stabilité de l’ordre établi. Ce qui assure cet équilibre, ce n’est ni la loi, ni les sacro-saintes « institutions » ou « valeurs » républicaines – mais l’inertie, l’inaction, la passivité relatives de la masse de la population. Or, une politique de contre-réformes de l’ampleur et de la férocité de celle qu’exige le capitalisme français ne peut être mise en application sans ébranler l’organisme social jusque dans ses profondeurs, sans réveiller de larges couches de la classe ouvrière.
A un certain stade, une explosion de la lutte des classes à une échelle massive est inévitable. Dans ce contexte, un programme révolutionnaire – jusqu’alors jugé trop radical et trop extrême par nombre de travailleurs – gagnera le soutien enthousiaste de larges couches de la population. Dans une révolution, la conscience des travailleurs progresse à une vitesse vertigineuse. Il faut s’y préparer. Pour ce faire, les communistes doivent dès aujourd’hui gagner les éléments les plus conscients de la jeunesse et du salariat au programme de la révolution socialiste. Sans cela, la crise révolutionnaire en cours de maturation risque de prendre le parti au dépourvu.
Au fur et à mesure que les explications et les perspectives des communistes seront confirmées par le cours des événements, les travailleurs seront de plus en plus nombreux à donner raison au PCF, surtout dans des conditions de luttes massives. C’est ainsi que le PCF pourra commencer à sérieusement renforcer sa base de soutien chez les jeunes et chez les travailleurs les plus conscients et combatifs – et, à travers eux, à reprendre plus profondément racine dans le mouvement ouvrier, dans les quartiers et dans les entreprises. Le programme du PCF doit être une arme pour aider les travailleurs et les jeunes à se préparer consciemment au développement d’une situation révolutionnaire qui leur offrira l’occasion d’en finir une fois pour toutes avec le système capitaliste.
L’avenir du parti
Malgré les difficultés qu’il a connues au cours de la dernière période, le parti occupe une place très importante – et potentiellement décisive – dans le mouvement ouvrier français. Il a une longue tradition de lutte et de résistance à l’oppression. Il dispose d’énormes réserves sociales, ce qui explique toute la propagande hostile et mensongère dont il est l’objet, de la part des médias et de tous les représentants de la société « officielle ». Dans la conscience collective de plusieurs millions de travailleurs, le PCF demeure une force et un allié dans la lutte contre les innombrables injustices et oppressions que leur inflige le capitalisme. Le virage droitier de la direction du Parti Socialiste renforce encore les perspectives de développement du PCF – du moins potentiellement.
Notre parti peut devenir, doit devenir une force sociale et politique extrêmement puissante. De grandes perspectives s’ouvrent à nous. Mais pour qu’elles se réalisent, il est absolument indispensable de rompre avec la politique insipide du réformisme « antilibéral » et de renouer avec les traditions militantes et révolutionnaires de notre passé – c’est-à-dire avec les idées du marxisme. Le Parti Communiste doit redevenir un parti révolutionnaire, dans son programme, dans son action et dans son tempérament. Sur cette base, il regagnera progressivement sa position de parti des éléments les plus combatifs de la jeunesse et des travailleurs. Il retrouvera ses relais et son enracinement massif dans le mouvement syndical et les quartiers populaires.
Face au désastre social provoqué par le capitalisme, des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs cherchent des idées sérieuses, un programme qui offre une véritable alternative au système actuel. Certes, ils sont souvent sceptiques vis-à-vis des partis politiques. Pouvait-on raisonnablement s’attendre à autre chose, étant donnée l’expérience de ces dernières années ? Cependant, si nous restons fermes dans nos idées révolutionnaires, si nous les expliquons patiemment, il sera parfaitement possible de surmonter cette méfiance.
Le capitalisme n’offre plus d’autres perspectives que la régression, le déclin, la crise permanente, la destruction des conquêtes sociales. Aucune société ne peut continuer indéfiniment sur cette pente. Le socialisme n’est donc pas une utopie, mais une nécessité. La tâche primordiale des communistes est de donner une expression concrète à cette nécessité dans le programme, la théorie et la pratique du parti.
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Pour signer ce texte, envoyez-nous votre nom et ville (section PCF) à : renforcerlepcf@gmail.com
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La Révolution Russe et sa dégénérescence bureaucratique