Par Aliénor De Cooman, section PCF d’Hellemmes (59)
Mon parcours est sans doute comparable à celui de beaucoup de camarades trentenaires : la chute du Mur de Berlin et le tapage médiatique fait autour de l’événement m’a poussée à me demander pourquoi mes parents, humanistes et farouchement opposés à toute forme de totalitarisme, pouvaient encore se dire « communistes ». Il y avait une vraie contradiction entre eux et ce que la télévision racontait. Alors mon père m’a donné à lire Le Manifeste du Parti Communiste Français de Marx et Engels. Voilà comment naquit ma conscience politique : ni sur une barricade, ni dans une banlieue difficile, mais dans une contradiction.
Depuis j’ai grandit un peu, vieillit aussi et surtout lu ET vécu. Apprendre les théories économiques sur lesquelles les dirigeants capitalistes s’appuient et les confronter aux auteurs marxistes, sans exclusive, m’a forgé une petite culture politique. Et puis pointer tous les mois en ayant l’impression de mendier son RMI, ça donne le temps de réfléchir et de solides raisons d’être révoltée.
J’ai fini par prendre ma carte au PCF en 2004 parce qu’être en colère toute seule dans mon coin ne pouvait servir à rien. Et j’ai rencontré au sein de ma section ceux que je cherchais : des camarades de colère, de combat.
Mais j’ai vite déchanté devant ce que la direction nationale nous proposait. J’ai réalisé l’ampleur du désarmement idéologique de nombre de camarades et du PCF en général. Et je suis encore et toujours en colère. Alors je suis peut-être une « intello » comme on me le reproche parfois, mais je maintiens deux choses :
• Si nous ne comprenons pas les mécanismes qui font fonctionner le monde dans lequel nous vivons, nous ne pouvons prétendre le changer.
• Si Marx, Engels et leurs successeurs ne nous ont pas donné la recette du bonheur en 10 leçons, ou une politique prête-à-penser, si Le Manifeste comme Le Capital d’ailleurs ou les écrits de Lénine ou Trotsky ne sont en aucun cas une « Bible », le marxisme est à ce jour le seul outil, à ma connaissance, qui nous permettent de démonter le fonctionnement interne du capitalisme pour le comprendre et y mettre définitivement un terme. Et sur cette finalité du combat communiste, il n’y a pas à mon avis d’ambiguïté possible.
Pour que tout soit parfaitement clair, je tiens à préciser que je ne suis pas adhérente de La Riposte et que l’existence de courants structurés à l’intérieur du PCF me dérange. Mais moins que d’entendre un membre de la direction nationale me dire lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire de décembre 2007 que « le capitalisme est indépassable » !
Je ne partage pas forcément l’intégralité des analyses et points de vue présentés par ce texte et j’aurais sans doute dit certaines choses autrement. Mais parce que je me retrouve dans l’essentiel de ce qui est dit, je l’ai signé.
Et parce que je pense qu’il est fondamental que tous les camarades de France puissent, en cellule ou en section, débattre de l’importance qu’ils veulent donner aux idées et outils marxistes dans le PCF du 21ème siècle, que cette question relève de la seule souveraineté des militants et non pas seulement d’une poignée de dirigeants, j’espère que La Riposte obtiendra les signatures dont ils ont besoin pour que chaque camarade lise ce texte et se forge son opinion. C’est cela aussi la démocratie et n’en déplaise à certains, le centralisme démocratique c’est faire en sorte que la tête du PCF aille où ses pieds (la base) décideront de la mener…et non pas le contraire.
En toute fraternité je souhaite à chacun une bonne lecture, des débats riches et passionnants et la fin des querelles stériles de personne, de clocher et de chapelle. Nous n’avons plus le temps de perdre du temps.
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La Révolution Russe et sa dégénérescence bureaucratique