Le gouvernement Sarkozy est sans aucun doute le plus réactionnaire que la France ait connu depuis la deuxième guerre mondiale, c’est-à-dire depuis celui du Maréchal Pétain. La multiplication de leurres et de diversions, soigneusement orchestrée depuis l’Elysée, ne saurait dissimuler les véritables objectifs du pouvoir en place. De « réforme » en « réforme », il s’agit de démanteler, tranche par tranche, toutes les conquêtes sociales du passé, de soumettre tous les aspects de la vie sociale et économique du pays à la loi du profit, de réduire le travailleur au rang de simple « matière première », corvéable et jetable à l’envi. Ce programme ne tombe pas du ciel. Il répond aux impératifs d’un système qui ne peut plus exister qu’au détriment de l’immense majorité de la population.
Pendant la campagne présidentielle, Sarkozy a atteint les sommets du mensonge et de l’hypocrisie. Il allait s’occuper des pauvres, des « sans-grade », des opprimés, des chômeurs, des ouvriers. Ceux qui ont cru à ce flot de promesses ont vite déchanté. La politique de Sarkozy répond exclusivement aux exigences de la classe capitaliste. Sarkozy a pu compter sur l’appui de la puissante industrie médiatique qui se trouve entre les mains des capitalistes. La manipulation de l’opinion publique par les médias était un facteur important dans la victoire de la droite. Mais l’explication principale de la défaite de la gauche réside dans la dérive droitière de la direction du Parti Socialiste.
Ségolène Royal et la direction du PS ont fait campagne sur la base du programme le plus vide et le plus conservateur de toute l’histoire du mouvement socialiste. La défection de son secrétaire national à l’économie, Eric Besson, la veille du premier tour de l’élection présidentielle, ne faisait que souligner la similarité entre le programme du PS et celui de Sarkozy. Acquis corps et âme au capitalisme, admis et appréciés chez les bourgeois et confortablement installés dans les institutions, les chefs de file du PS ont passé leur temps à souligner leurs « points de convergence » avec l’UDF. Le programme du PS ne contenait aucune mesure susceptible d’améliorer sérieusement le sort des victimes du capitalisme, et donc de soulever leur enthousiasme. En conséquence, de nombreux travailleurs et retraités se sont laissé duper par le discours démagogique de Sarkozy.
Cependant, les perspectives économiques, sociales et politiques qui se dessinent pour la France ne justifient aucunement le sentiment de démoralisation ou d’abattement qui pouvait gagner certains militants de gauche, au moment de la défaite de 2007. La « popularité » de Sarkozy a très rapidement chuté. L’édifice de subterfuges et de fausses promesses qui l’a hissé au pouvoir s’écroule. Les horizons radieux dessinés par l’illusionniste Sarkozy et ses alliés médiatiques – où le mérite et l’effort de tous seraient récompensés, où la pauvreté et les inégalités diminueraient, où les « patrons voyous » seraient sanctionnés – ne seront jamais atteints. En conséquence, Sarkozy est assis sur une charge de plus en plus puissante de matériel social explosif. De grands événements nous attendent.
Face à la régression sociale et aux attaques de la droite, les travailleurs et les jeunes ont plus que jamais besoin d’un PCF fort et combatif. Le parti doit se maintenir et se renforcer, étendre son influence. Ceci implique, chacun le sait, une évaluation critique, sans la moindre complaisance, du programme et des orientations du parti au cours de la dernière période. Dans les erreurs et les égarements qui sont à la source de son affaiblissement, il n’y a absolument rien d’irrémédiable. Nous rejetons catégoriquement les arguments de ceux qui voient dans les difficultés de la dernière période les signes d’un déclin « historique » – et donc irréversible – de notre parti. L’idée d’une dissolution du parti ou de sa transformation en « autre chose » doit être fermement et définitivement écartée. Par un effort commun, les communistes peuvent faire en sorte que le programme et l’action de leur parti soient à la hauteur des enjeux de notre époque, c’est-à-dire de la lutte pour libérer l’humanité de l’exploitation capitaliste.
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La Révolution Russe et sa dégénérescence bureaucratique